Les thermes du paradis d’Akli Tadjer

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comité de lecture, médiathèque du Canal, sqyAdèle Reverdy est une jeune femme pleine de complexes et, pour comble de malheur, les hommes la fuient dès qu’elle avoue son métier de croque-morts.

Mais sa vie va changer le jour de ses trente ans. Parmi les invités venus à la fête organisée par sa sœur, il y a Léo, ancien trapéziste devenu aveugle à la suite d’un accident puis masseur aux Thermes du Paradis…

Elle est attachante, Adèle… Parce que l’on peut facilement se retrouver en elle, dans ses tâtonnements, son physique « commun », ses maladresses, ses solitudes, ses fiascos, sa vie dans laquelle elle stagne. Sans parler de son goût pour le lait concentré et les Curly en cas de coup au moral… :-)

Elle souffre en plus du poids/rejet que représente son travail de croque-mort (qu’elle n’a même pas réellement choisi…), tout comme son amie, et co-locatrice, tanathopractrice… et pourtant, dans ce roman on aborde ces emplois avec, bien sûr, une sorte de crainte mais la façon dont Akli Tadjer en parle nous montre combien ces personnes sont évidemment importantes dans l’accompagnement du deuil des familles et des morts (mais qu’il y a aussi dans ce domaine, comme dans les autres, de la concurrence, du marketing…).

Donc, Adèle, alors que sa soeur, particulièrement difficile à supporter, lui organise une fête pour ses 30 ans, où elle rencontre Léo, homme de couleur, masseur devenu aveugle, qui doit lui aussi vivre différemment du commun des mortels. Et elle en tombe amoureuse.

Alors, malgré quelques lieux communs, les Thermes du Paradis est un joli roman de rencontre entre âmes cassées (et la peur de perdre l’autre, une fois rencontré), mêlant beaucoup d’humour et de douceur, abordant certains sujets sombres tels que les corps morts, les pompes funèbres, le handicap, la vie avant et après un accident, et les solutions médicales hyper coûteuses (qui font parfois envisager de faire appel à la télé réalité…).

 C’est un roman écrit avec une plume « toute simple » mais loin d’être simplet, un livre tendre, qui fait passer un bon moment de lecture (et entraîne une réelle réflexion sur l’attrait/rejet de certains métiers).

J’ai failli écrire « blasés s’abstenir » mais finalement peut être qu’au contraire ce livre positif-malgré-tout pourrait leur offrir un petit répit :-) .

 

Il m’a appris la beauté des chrysanthèmes, des bruyères et des fleurs artificielles. Il m’a appris la beauté des jours pluvieux et des matins de Toussaint. Il m’a appris que l’accoucheuse ouvre la porte du monde aux vivants tandis que le croque-mort se charge de la refermer. Il m’a appris la compassion, l’empathie et les mots qu’il faut pour soulager les familles dans la peine. Il m’a aussi, appris les techniques de drague pour attraper les hommes qui à mon grand regret se sont révelées être d’une redoutable inefficacité.

 

L’auteur (que j’aime beaucoup) : Akli Tadjer est né à Paris en 1954. Romancier et scénariste, il a notamment participé à l’écriture d’épisodes de la série Maigret, d’après Georges Simenon. Chacun de ses romans a été remarqué par la critique : en 1984, Les A.N.I. du Tassili (Le Seuil) reçoit le prix Georges Brassens avant d’être adapté pour la télévision ; Courage et patience (Lattès, 2000) est couronné par le Grand Prix du Var ; le prix Maghreb-Méditerranée-Afrique de l’ADELFVille de Paris lui a été décerné pour Le Porteur de cartable (Lattès, 2002), roman qui a donné lieu à un téléfilm ; enfin, Il était une fois… peut-être pas (Lattès, 2008) a obtenu le prix de la révélation littéraire des lectrices auféminin.com. Il est aussi l’auteur de Western (Flammarion, 2009) et de La Meilleure Façon de s’aimer (Lattès, 2012). (Source: fiche auteur Pocket, chez qui sont sortis 4 de ses romans).

Séverine, lectrice du comité de lecture et blogueuse Blablablamia :)

 

 

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