Anka de Guillaume Guéraud

Le Rouergue (DoAdo. Noir), 2012

Marco est tranquillement chez lui, lorsque deux policiers lui apprennent la mauvaise nouvelle: sa mère est morte. Marco n’y croit pas, et il a bien raison puisque 15 minutes plus tard, la voici qui franchit la porte en chair et en os, bien vivante !

Voilà une histoire forte, violente qui laisse un goût amer.

La patte de l’auteur est là, on retrouve la noirceur de l’intrigue, des personnages attachants mais impulsifs et un style franc, direct, brut qui donne toute la force au roman.

Une explication s’impose. Marco découvre alors le secret de sa famille.

On découvre alors avec Marco, ce secret qui bouleverse les fondements de sa famille, lui qui déjà était en quête d’identité!

L’oscillation entre le point de vue de Marco et celui d’Anka est très intéressant. Il permet au lecteur de plonger dans le coeur et l’égarement du jeune homme.

En peu de pages, on est confronté à la mort, aux problèmes d’argent, à l’opportunisme malfaisant, aux rêves avortés. La tension s’installe peu à peu, on devine un malheur proche, et quel coup quand celui-ci arrive !

Un coup de coeur!

Emilie

Guéraud nous parle de son roman lors du dernier salon du livre jeunesse ici

Marco a bien du courage ou peut-être bien qu’il a enfin trouvé un sens à sa « courte » vie. Il regarde l’Autre avec intérêt. Certes, c’est une situation particulière: apprendre par sa propre mère – déclarée morte mais bien vivante – que son père « bon coeur » avait accepté de se marier avec une autre femme, inconnue… c’est assez « original » pour être remarqué! Et c’est cette inconnue qui va capter toute l’attention de Marco: qui était-elle? Pourquoi s’est-elle mariée? Comment est-elle morte? A-t-elle de la famille et si oui est-elle informée de son décès?… toutes ces questions auxquelles il va tenter de trouver non pas des réponses de circonstance mais LA vérité au sujet de cette fille, de son père. Et lui, dans tout cela, quelle place lui revient dans SA famille, de quel droit il peut « enquêter » et côtoyer des personnages plus sordides les uns que les autres … L’alternance de récits Anka/Marco est peut-être une soupape de sécurité pour Marco puisque c’est bien Anka qui raconte toutes les horreurs qu’elle a vécues – malheureusement lieux communs pour de nombreux clandestins. Mais le lecteur quant à lui n’est pas épargné … Un texte incisif, très fort émotionnellement. (Armelle Hervé)

 

emilie