Aussi loin que possible d’Eric Pessan

L'Ecole des Loisirs (Medium), 2016

 » Antoine et Tony, les fugueurs marathoniens, ont titré les journaux ». Dès les premières pages, tout sera dit par les journalistes, les proches, la police, le principal du collège… Sauf qu’Antoine – le narrateur – va nous raconter leur histoire « Pas pour rétablir la vérité, juste parce qu’en définitive il s’agit d’une très belle histoire« .Un lundi qui pourrait être ordinaire, Antoine et Tony, 13 – 14 ans, se retrouvent en bas de leur immeuble de 18 étages, pour aller au collège. A voir sa tête, il s’est passé quelque chose de grave pour Tony (Ukrainien bientôt expulsé du territoire ?). Pour Antoine, ce sont les coups au quotidien de son père qu’il n’arrive pas toujours à esquiver. Peu de mots échangés entre ces deux amis et pourtant tout est dit. Ils laissent leurs sacs sous un buisson, comptent jusqu’à 3 et courent droit devant, par jeu. Ils se lancent un défi, juste pour savoir lequel va s’essouffler, lequel va renoncer. Pendant une semaine et 380 km parcourus, c’est la course, la douleur de l’effort, la débrouille pour se nourrir, s’abriter et échapper aux mauvaises rencontres, les questionnements intérieurs en filigrane … Enfin la mer à quelques encablures de Bordeaux avant de voir l’affiche placardée, avec leurs têtes, et de prendre la seule décision valable pour eux. Avec une écriture en finesse et précise, Eric Pessan évoque avec autant de puissance qu’il en a fallu à ces deux adolescents pour relever leur défi notre société violente. Hymne à la liberté avec toute la délicatesse d’Antoine. A savourer ! (Armelle Hervé)

Comme on avait suivi avec enthousiasme les petites reines l’an dernier et les casseurs de solitude l’année d’avant, nous retrouvons des ados qui prennent leur destin en main. De manière bien moins réfléchie que leurs camarades cyclistes, Antoine et Tony, dans un défi physique et sans parler, se lancent à corps perdus dans une course qui dure, qui court jusqu’à l’océan et qui les mène vers une certaine maturité. Antoine, le narrateur, est sensible et son récit nous touche. A proposer aux collégiens comme aux jeunes lycéens. (Céline)

AH