Bras de fer de Jérôme Bourgine

Sarbacane (Exprim), 2012

Tout sourit à Julian: des parents modestes aimants. Leïla, sa petite amie, avec qui il va vivre dans quelques mois. Sa passion de la natation qui en fera un champion et son rêve qu’il touche du doigt: devenir infographiste. Il ne lui manquait plus que battre son père à l’épreuvede force du « bras de fer », le jour de ses 18 ans. Mais tout bascule ce jour-là !

 

 

 

 

 

 

 

 

Gagner le bras de fer contre ce père « infaillible » signifiait devenir propriétaire d’une superbe moto: son père le lui avait promis et même s’il était bourru et peu causant, cet ouvrier syndicaliste tenait ses promesses. Mais Julian n’a pas gagné. Vexé et toujours confronté à cette incompréhension père-fils, Julian emprunte la moto d’un copain. Accident. Un bras amputé à son réveil, à l’hôpital. Fini la natation, l’infographisme. Il traîne, déprime. Il perçoit les reproches non dits de son père. La tentative de vie commune avec Leïla, chez ses parents, avorte. Mais Leïla ne s’avoue pas vaincue et elle veut lui maintenir la tête hors de l’eau: elle arrête ses études, travaille pour qu’ils puissent avoir leur studio. Ne sachant que faire de ses journées, Julian côtoie Frangin, Stéphane et commence l’escalade pour lui et l’enfer pour ses proches.

Malgré tout, Leïla veut encore croire à leur rêve commun: nager avec les dauphins au large des îles Rouichi. Après son licenciement, elle cèdera à deux propositions financièrement alléchantes mais dégradantes, par amour pour Julian. Tous deux toucheront le fond. Donneront-ils chacun le coup de talon salutaire ? Le suspense est maintenu jusqu’au bout.

On pourrait en parler pendant des heures tant les états d’âme, la psychologie des trois personnages principaux – Julian, son père et Leïla – en évolution permanente rendent ce livre d’amour fort et malgré tout « bien vivant »: Julian avec cette admiration/haine pour son père. Le père, solide comme un roc, maladroit mais prêt à tout pour sauver son fils y compris en lui parlant, enfin. Et Leïla, tenace et amoureuse qui veut sauver à tout prix Julian, leur vie …

C’est un vrai beau coup de coeur servi par une écriture précise, une émotion forte oscillant toujours entre violence et amour, dépendance et liberté, rêve et désillusion. (Armelle Hervé)

Très belle histoire, dure à souhait. Se lit vite, car on a envie de connaître la porte de sortie du jeune Julian. Ado qui a très peu de relation avec son père, juste au jeu du « bras de fer », et c’est pour ce dernier, qu’il perdra tout ou presque . Heureusement, les personnes qui l’entourent, vont l’aider à surmonter sa descente aux enfers.

Ce roman, nous montre qu’on est facilement influençable, lorsqu’on est malheureux. Il y a toujours des gens qui sont là, pour profiter de notre faiblesse dans ces moments de détresse ! On prend pitié pour Leïla qui fait pourtant tout son possible pour sortir Julian de cet enfer. Leur relation ne sortira pas indemne de ce parcours. Malheureusement, c’est dur à dire, mais il faudra cette épreuve, pour que la relation père fils se dénoue, et qu’ils se rapprochent. Dommage d’en arriver là ! (Jocelyne Feuvre)

jocelyne