Embardée de Christophe Léon

La joie de lire (Encrage), 2015

En France, dans un futur proche, Gabrielle vit avec ses deux papas, artistes plasticiens. L’arrivée au pouvoir d’un parti extrémiste a bouleversé les droits et libertés des citoyens. Ainsi la famille de Gabrielle vit dans un ghetto et ses parents doivent porter un losange rose. Un jour, en allant acheter le cadeau d’anniversaire de leur fille, George et Phil ont un accident de voiture, ils doivent fuir et tenter de rentrer retrouver leur fille avant de se faire agresser par les passants ou arrêter par la police.

Cette dystopie est très émouvante et nous plonge à la fois dans les heures noires du passé de l’Europe et dans un futur horrible mais possible. Les deux papas sont très attachants et on espère une conclusion positive à leur cavale angoissante. A conseiller dès le collège, à rapprocher d’ « On n’a rien vu venir (roman à 7 voix) ». Un plus : l’illustration de la couverture est forte et parlante. Un bémol : le prix. (Céline)

Ce qui est marquant dans ce court roman c’est aussi la place de la création artistique comme acte de résistance, de tolérance à l’opposé de ce qu’érige la Ligue des Valeurs Familiales qui dirige cette société-là. Il s’agit d’une œuvre gigantesque réalisée dans la clandestinité par les pères de Gabrielle, une exposition photo de corps d’hommes et de femmes dont la mise en scène figurative épelle l’HUMANITE. Tout comme dans le roman que cite Céline ci-dessus ou dans « Lever de rideau sur Terezin » de Christophe Lambert,  les auteurs interrogent les lecteurs sur la place et la définition de la culture accordée dans des sociétés totalitaires, dans nos sociétés. (Armelle Hervé)

 

 

 

céline

enseignante documentaliste en lycée professionnel