Fugitifs du futur de Valérie Dayre et Pierre Leterrier

La joie de lire (Encrage), 2015

Deux spécialistes : un neurochirurgien (Yves-Albert Keller) et un chercheur (Achille Tanakis) pensent avoir fait une découverte extraordinaire sur les nouvelles technologies. Le chercheur a un fils, Liam. Le neurochirurgien, des jumeaux Mila et Ilam. Ces enfants sont inséparables.  Pour tester sa découverte, et en l’absence d’Achille, qui n’avait pas donné son accord, Yves-Albert implante une puce dans le crâne des trois enfants.Cette découverte attire les truands et Yves-Albert Keller et sa fille Mila seront enlevés, sans Ilam puisque celui-ci aura perdu la vie quelques jours auparavant, a priori accidentellement, mais.. . Leur survie dépendra donc, du chercheur et de son fils ! Ils sont les seuls à pouvoir les aider. Avec leur connaissance et leur « pouvoir », ils déjouent les plans de leurs ravisseurs et brouillent les pistes: on les croit morts…. Quelques années plus tard, un message sur internet ressurgit et la traque recommence, mais jusqu’à quand ?

Thriller complet (séquestrations, morts, accidents, manipulations, courses poursuites….) qui se passe entre 2003 et 2013. Deux chercheurs de renom ont fait une découverte exceptionnelle. Bien sûr, des malfaiteurs veulent s’en emparer. On rentre vite dans le vif du sujet qui nous tient en haleine du début à la fin. Une fin ouverte qui nous permet d’imaginer la suite … ou non. Les enfants (neuf ans au départ grandissent au fur et à mesure du récit) vivent dans un monde qu’ils connaissent : web, réseaux sociaux, blogs, les hackers, etc… sans oublier les portables et leurs sms codés, qui vont de pair, des supports de communication qu’ils gèrent quotidiennement. Quelques références aussi à certains personnages comme Spiderman, le héros des jeunes complètent aussi ce tableau. Le texte est facile à décrypter malgré le thème. Très belle couverture ! Cette histoire nous transporte dans un univers proche. Mais quelles seront les conséquences de ces avancées? Sont-elles imminentes?   Serons-nous encore « libres » de nos mouvements, « libres de faire ce que bon nous semble, sans être « espionnés », « fichés »? Sommes-nous prêts à nous laisser « manipuler »? C’est un vrai débat qui s’instaure.. à nous de réfléchir, s’il n’est pas encore trop tard… (Jocelyne Feuvre)

Plonger le lecteur dans la problématique des nanotechnologies au service du bien commun ou comme asservissement d’une société au profit de … ceux qui les maîtrisent est toujours intéressant. L’éthique des scientifiques est-elle une « garantie » contre toutes les déviances? Qui est à même d’y veiller ? Nous ? C’est un roman qui assure d’ouvrir le débat. Néanmoins, cette écriture à quatre mains m’a moyennement convaincue. L’intrigue de départ, la course poursuite des « inventeurs » et de leurs enfants devenus cobayes à l’insu de leur plein gré, le brouillage des pistes tient le lecteur en haleine par l’utilisation de nombreux rebondissements. Trois choses m’ont gênée: le narrateur « Baloo » ou « Ballot » omniprésent mais dont on sait finalement peu de choses, au rôle mal défini. L’accumulation excessive d’informations vers la fin du roman (services secrets français, mafia caucasienne, la réapparition de l’un des pères pour dévoiler publiquement LA vérité sur les médias…) après toutes ces morts violentes dans le squat (peu crédibles) et enfin l’introduction de faits d’actualité récents (affaire Snowden) surchargeant inutilement le récit. Pour les plus grands férus aussi d’espionnage. (Armelle Hervé)

 

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