George d’Alex Gino

L'Ecole des Loisirs, 2017

  George a 10 ans. Elle vit avec son grand-frère et sa mère. « Elle ? » me direz-vous. Oui « elle » parce que personne ne le sait, personne ne le voit, mais George est une fille. Elle en est persuadée. Une fille enfermée dans le corps d’un garçon…

Un jour, son institutrice décide de monter une pièce de théâtre pour le spectacle de l’école. Et George rêve d’en interpréter son héroïne : Charlotte. Ça serait une manière pour elle d’ouvrir les yeux de ses proches et de leur rendre évident le fait qu’elle soit une fille.
Mais on ne donne pas de rôle féminin à un garçon quand tant d’autres filles ont passé l’audition pour ce rôle… Quel que soit le talent de comédien du dit garçon !… Et puis, ça ne se fait pas…

On imagine aisément les difficultés sociétales auxquelles se confronte George (et il n’est qu’à l’école primaire) mais les plus dures à affronter sont certainement celles liées à ses proches. 
Car si sa mère est « cool » en apparence, George, en lui avouant son secret (déjà plus ou moins découvert) se heurte à un mur. C’est son grand frère, ado bourru de 16 ans, accro aux jeux vidéos et aux films d’horreur, qui aura la meilleure réaction.

Un excellent roman sur l’identité sexuelle et le « transgénérisme » à destination des collégiens.
Un roman émouvant et sensible qui nous aide à ouvrir les yeux et voir au-delà des apparences. (Amandine)

Au premier abord, j’ai été gênée par l’écriture:  le fait de parler « d’elle » sans cesse, alors qu’aux yeux de tous il est un garçon, m’a « perturbée ». Et ce « catalogage », dire que les filles sont douces, sensibles…… et que les garçons sont violents, durs, ce sont des clichés qui commencent à s’estomper, et qui ne sont plus vraiment vrais.

L’auteur, lui-même transsexuel,  a pu décrire « plus facilement », la vie d’un enfant qui ne se reconnaît pas, ou tout du moins que l’entourage ne reconnaît pas. C’est bien de sensibiliser le lecteur sur ce sujet qui reste  rare dans la littérature française . Il est bien écrit,  sensible et bouleversant à la fois. A partir de 10 ans. (Jocelyne Feuvre)

 George n’est pas seulement une fillette attendrissante, « elle » est aussi ce garçon sensible et un peu différent que voient les autres. George est une enfant, elle n’a pas encore la maturité pour concevoir sa dualité, c’est donc au  féminin qu’elle se perçoit avec une certitude étonnante et une audace qui lui permettront d’affronter la méfiance et le regard de son entourage.

 L’histoire de George racontée par elle-même ne laisse pas indifférent, mais l’émotion a, pour ma part, du mal à passer, juste de la tendresse pour cette petite fille courageuse. Le roman suggère une thématique qui mérite d’être évoquée dans les romans pour la jeunesse, mais pas sous cette vision trop naïve. Il y a un décalage entre l’écriture d’un univers enfantin et une réflexion plus riche sur la place dans notre société de ces individus hors norme. La fin du roman n’est que la fin d’une étape dans la vie de George, le propos demanderait à être plus abouti, pour engager le débat auprès de lecteurs adolescents. La lecture du roman est conseillée par l’éditeur à partir de 9 ans, y trouvera-t-il ses lecteurs ? Autre chose me gêne aussi : une certaine vision du féminin qui ne serait que paillettes et sentiments… ( Md’D)

 

Amandine

Bibliothécaire jeunesse à la médiathèque Jean Rousselot