Le banc de Sandrine Kao

Syros (Tempo), 2013

Alex, adolescent d’origine asiatique, vit seul avec sa mère dans un lieu qu’on devine être l’Ile de France (mais nulle mention précise pour l’infirmer ou le confirmer). Son père est reparti à Taïwan pour y retrouver du travail, et les signes de vie qu’il envoie à sa famille sont de moins en moins nombreux.

Le proche et intrusif voisinage du foyer parental, essentiellement asiatique, rappelle souvent ce fait à la mère du jeune homme. Les rapports qu’entretient ce dernier avec ses camarades du collège ne sont pas la hauteur de ses résultats scolaires: si Alex est brillant élève, il est plutôt réservé et côtoie le plus souvent les élèves rejetés de son « groupe classe », ce qu’il regrette parfois…

Chaque midi, Alex se rend dans un parc pour y manger son repas, assis sur le même banc. Il économise l’argent de la cantine que ne peut financer sa mère. Un jour, il découvre tagué sur ce banc des messages racistes qui lui sont directement adressés « Alex tronche de nem », « Alex face de riz ». Dès lors l’adolescent aidé de son amie Sybille se mettent à la recherche de l’auteur des inscriptions. Quelques jours plus tard un tremblement de terre se déclare sur l’île de Taïwan, Alex se persuade que son père est décédé et en fait part à toutes les personnes qu’il rencontre…

Court roman qui ne se contente pas d’évoquer le racisme latent et ordinaire (celui qui ne dit pas son nom, tel l’auteur des insultes sur le banc, auteur qui se signale davantage par sa stupidité que par sa xénophobie militante). Il évoque aussi la solitude et l’isolement (le banc), le sentiment d’abandon (l’absence brutale du père), la perte de repères et la colère consécutive (les explications paternelles ne viennent pas), le mensonge (seule réponse apportée par l’adolescent qui tue symboliquement son père pour se faire accepter par un « groupe » pris de pitié et d’affection), et enfin, la confrontation brutale mais nécessaire à la vérité pour pouvoir se construire et grandir. (Flop)

 Ce roman se lit d’une traite. Il aborde le racisme « asiatique », ça change !  et les moqueries, le harcèlement dont est victime Alex.

Période adolescente difficile pour Alex qui ne sait pas quoi inventer pour se faire des copains, pour se rallier à un groupe. Mais attention, le mensonge se retourne souvent contre celui qui le pratique et les conséquences peuvent être dramatiques. Le langage parlé est utilisé pour les petits messages racistes. Si le voisinage n’est pas très gentil non plus, heureusement pour lui, cet ado, conscient de certaines réalités, est très proche de sa mère. Ce livre de 120 pages renferme finalement beaucoup de thèmes : racisme, harcèlement, amitié, absence du père et éducation du fils par la mère seule.  Les enfants ne sont pas toujours tendres dans leurs relations, là c’est clair ! (quand la jalousie rentre en jeu, plus rien ne peut les arrêter !) (Jocelyne)

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