Les anges de l’abîme de Magnus Nordin

Le Rouergue (DoAdo. Noir), 2014

Pour fuir un passé que l’on devine douloureux, Alice déménage avec sa mère de ville en ville, en Suède. Alors qu’elle intègre un nouveau lycée, l’adolescente fragile y rencontre une professeur de littérature, Molly Zetterholm, qui la prend très vite sous son aile. L’enseignante la convie peu à peu à des groupes de paroles puis à des réunions dominicales en comité très restreint. Il s’agit pour Molly de regrouper autour d’elle trois lycéennes ayant eu à subir comme elle la violence de prédateurs sexuels. L’objectif du collectif créé est de traquer ceux qui, parmi ces criminels, n’ont pas été appréhendés par les autorités. Pour répondre à l’abjection de leurs adversaires, les jeunes filles n’hésiteront pas à user de méthodes peu orthodoxes au besoin … (adolescentes servant d’appât, chantage, séquestrations…) Après être parvenu à faire arrêter un individu de grand renom, le groupe tente de démanteler un réseau pédophile de grande envergure…

Polar très noir, Les Anges de l’abime malmène ses lecteurs en ne leur épargnant pas des scènes de violences physiques et psychologiques dès les premières pages. Les incertitudes, la détermination, la recherche de la vérité, l’oscillation entre désir de vengeance et quête de justice chez les Anges rythment la lecture. C’est aussi un portrait glaçant qui est dressé des criminels sexuels, arpentant d’abord les réseaux sociaux sur internet avant les rues pour accomplir froidement leurs forfaits. Ames sensibles s’abstenir. (Flop)

Ha oui âmes sensibles s’abstenir ! C’est un thriller poignant, efficace, un coup droit au plexus. De suite l’auteur nous plonge dans l’abject, de façon radicale. Tout au long du récit il dépeint les personnages avec de plus en plus d’étoffe, dans leur cheminement psychologique. Les actes qui se succèdent – peut-être plus vite qu’ils ne le voudraient – prennent de cours les enquêtes « officielles ». La petite ville de Fjärlunda semble habitée par autant de pervers qu’il existe de maisons et de connexions internet !!! Un roman addictif pour autant il laisse le lecteur hésitant entre vengeance et justice … les anges se transforment trop souvent eux-mêmes en monstres pour « faire payer » leurs tortionnaires. Et les dernières pages relèguent malheureusement la justice derrière les choix d’Alice. (Armelle Hervé)

AH