Les pluies de Vincent Villeminot

Fleurus, 2016

Depuis huit mois, des pluies torrentielles inexpliquées tombent sans discontinuer. Face à l’inexorable montée des eaux, face à l’angoisse grandissante, les habitants essaient de poursuivre leurs activités quotidiennes. Kosh (14 ans) et son petit frère de 10 ans Malcolm remplacent leurs parents partis en déplacement au travail de la ferme. Quand les autorités ordonnent l’évacuation immédiate du village suite à la rupture de plusieurs digues, Kosh vient en aide à sa jeune voisine Lou, seule chez elle en charge de son petit frère Noah et de sa soeur Ombre,  âgée de quelques mois. Très rapidement, par des concours de circonstance malheureux, les cinq enfants se trouvent livrés à eux-mêmes et doivent rapidement prendre des décisions. Après la rupture de plusieurs digues, ils ont trouvé refuge dans le clocher de l’église. L’armée va leur apporter secours et les débarquer dans un port. C’est alors qu’ils découvrent l’ampleur de la catastrophe: des milliers de « réfugiés climatiques » sont là comme eux dans l’attente d’un bateau pour échapper à cette inexorable montée des eaux.

 Un roman d’aventures (et d’anticipation?) efficace avec en arrière fond le dérèglement climatique et ses conséquences. Tous les ingrédients sont réunis pour passer un bon moment, des péripéties, des personnages avec des tempéraments bien caractérisés. On a hâte de lire le second volume prévu pour septembre (Séverine)

C’est une histoire bien ficelée que nous offre Vincent Villeminot. Roman divisé en cinq parties, la troisième, épistolaire,  « casse » un peu la course haletante pour la survie, mais est très intéressante. Par contre, j’ai trouvé que le style, le vocabulaire utilisé dans les lettres de Kosh à destination de Lou, lorsqu’ils se retrouvent séparés, n’était pas celui d’un jeune, mais plutôt d’un adulte. 

Il  y a de tout dans ce roman. Un côté « écologie » avec les inondations dues au dérèglement climatique. La lutte pour la survie avec la recherche de nourriture, d’abri. La promiscuité à gérer,  les bagarres et les violences qu’il ne faut pas non plus négliger. Un côté « Amitié », puisque Noah et Malcom depuis très longtemps dans l’opposition absolue, ont été contraints de s’aider, oubliant leurs tensions. Enfin, le côté « Amour » entre Lou et Kosh, que la prise de décision dévolue en théorie à des adultes absents de fait, rapproche.

 Très beau premier tome sur l’écologie, c’est certainement un roman d’anticipation. L’écriture est fluide. On s’attache à tous les  personnages dès le départ et on ne quitte plus l’histoire: j’attends avec impatience le deuxième et dernier tome pour connaître la fin, heureuse, je l’espère. (Jocelyne Feuvre)

severine