Manuel d’autodéfense féministe de Sonia Feertchak

Plon, 2007

Un petit manuel qui se voudrait utile aux filles qui veulent faire respecter le genre féminin. Cela part d’un bon sentiment et pourrait répondre à des attentes, à de grands moments de solitude face à certaines attaques ou être source de bons conseils si désemparée. Mais …

Oui, il y a bien ce rappel des dates dans l’histoire du féminisme, ces adresses utiles d’associations de prévention, d’informations ou juridiques, mais … malgré toutes les préventions de l’auteur sur le fait que ce ne soit pas un documentaire anti garçon et qu’il rompt avec les clichés ou autres préjugés sur le mode « humour », il véhicule malgré tout son petit lot de « vérités » et de raccourcis qui joue à contrecourant de l’objectif recherché et qui ne fait pas forcément appel à la réflexion:  ainsi dans le chapitre « la putattitude », la façon de présenter la mode « minimaliste » est malgré tout dans le jugement. Dans le chapitre « ne montrez pas trop de peau! » là encore les 4 raisons évoquées renvoient à la  »culpabilité », à une mise en garde des filles… même si l’auteur s’en défend. Dans celui sur « la mode féminine à Macholand »: « Le sentiment qu’on a de sa propre beauté provient le plus souvent du temps qu’on passe à s’occuper de soi et à se mettre en valeur. (…) Profites-en donc et bosse ta beauté intérieure: peau fraîche, cheveu brillant, maquillage invisible, ongles nets, dos droit … presque tout comme la girly gracieuse (p.32) ». 

Du coup, j’ai trouvé que ce petit documentaire était peut-être irrévérencieux dans son vocabulaire mais réducteur des courants de pensée féministe … pour un public indéterminé ou adulte qui prendra et de la distance, et pour qui les références, les citations plaquées parleront … Pas du tout indispensable. (Armelle Hervé) 

Si vous cherchez à étoffer votre fonds sur l’égalité filles-garçons, passez votre chemin. Ce documentaire est sous un ton prétendument humoristique, très moralisateur et pas du tout bienveillant. Je ne l’ai pas lu de long en large, j’ouvrais le livre au hasard pour tomber par exemple sur du « slut-shaming » ( stigmatiser, culpabiliser ou disqualifier toute femme dont l’attitude ou l’aspect physique serait jugé provocant ou trop ouvertement sexuel): l’auteure « dénonçant » les jeunes femmes ayant à ses yeux des vêtements trop « provocants  » et enjoignant les jeunes filles à « respecter les garçons » en ne montrant pas trop de leur peau et à ne pas porter de couleurs trop vives et trop voyantes. A ne pas promouvoir. (Céline)

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AH