Treize raisons de Jay Asher

Albin Michel (Wiz), 2010

Hannah Baker, jeune adolescente mal dans sa peau, mal perçue par les autres, vient de se suicider. Mais avant son geste fatal…..

elle a enregistré l’histoire de sa vie sur sept cassettes. Ces cassettes sont destinées aux personnes qui ont « contribué », de près ou de loin, à son geste. Treize personnes sont concernées ! C’est par Clay, un ami, que nous allons suivre son évolution, sa détresse permanente, son désespoir. Clay ne comprend rien, pourquoi est-il parmi les protagonistes de l’histoire, il n’a rien fait de mal !

Ce récit peut nous faire réfléchir, enfin faire réfléchir certains adolescents sur leur comportement. En effet, certains commentaires, certaines paroles peuvent nuire, certains faits peuvent blesser, certaines réflexions sur des êtres fragiles peuvent être fatales, les rumeurs dans tous les domaines sont aussi catastrophiques…. On peut faire du mal, sans vraiment sans « rendre compte » ou penser que c’est logique, mais ce n’est pas logique pour tout le monde, ce n’est pas si simple !
J’ai eu beaucoup de peine pour Hannah lors de l’écoute des cassettes, et j’en ai vraiment voulu aux acteurs ! Hannah a eu le courage de dévoiler le tout avant de passer à l’acte. Elle a eu le cran de laisser une trace de son passage pour ne pas être partie pour « rien », pour que les gens concernés ne refassent pas la même chose avec une autre jeune fille… mais ces propos font mal ! la vérité blesse comme on dit… mais comment vivront les jeunes après la vérité ?

 La construction du récit, très riche, permet d’osciller entre les points de vue de nos deux protagonistes. Hannah, nouvelle au lycée, a été la cible de nombreux commérages et rumeurs. Et l’effet boule de neige la mène au drame. Clay, élève dans le même lycée, vit les rumeurs de son point de vue et noie ses sentiments, de peur de nuire à la réputation de la jeune fille. Des destins bouleversés par un effet papillon désastreux pour la construction de la personnalité de chacun.

On ne peut quitter ce livre sans en être profondément ému. Hannah accuse, soit , mais elle reste lucide sur ses propres faits et gestes. Elle est attachante, car idéaliste, sérieuse et parfois vraie peste, elle est juste avec elle-même. Clay passe par une palette d’émotions quasi identiques à celles du lecteur. Il est LE héros du livre, pour qui l’on souffre, pleure, et soupire.

Le besoin d’aimer et d’être aimé est essentiel à notre vie et parfois des petits rien peuvent mener au drame. Un livre fort en émotion, à lire, relire, et à faire lire! (Emilie)

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