bateau de papier, de Olav H. Hauge

VN:F [1.9.14_1148]
Rating: 0.0/5 (0 votes cast)

bateau de papier, de Olav HAUGETrois nouveaux livres de la collection Po&psy viennent de paraître en ces premiers jours d’été aux éditions Érès. Ils portent ainsi le catalogue de cette belle collection à une vingtaine de titres.
Que ce soit le texte d’Alfredo Costa Monteiro dépli dont les vers écrits en trois langues parcourent les longues pages pliées en accordéon ; ou, j’ai jardiné les plus beaux volcans de Michel Dunand , avec ses poèmes reproduits en polices manuscrites sur le fac-similé réduit d’un cahier d’écolier ; puis encore, bateau de papier du norvégien Olav H. Hauge dont les poèmes sur des doubles pages pliées et brochées côtoient des photographies de fjords, on observe que la forme, des livres et des textes, est manifestement mise en avant. Les éditrices, Danielle Faugeras et Pascale Janot, poursuivent ainsi leur travail éditorial, singulier, qui continue à surprendre le lecteur.
On pense évidemment que ce travail est le fruit d’une étroite collaboration avec les auteurs et constate une volonté de parachever les textes en ajoutant sens ou émotion par la forme donnée au livre. Où commence l’œuvre, où s’achève-t-elle ? Mais assurément le lecteur en demeure interloqué puis immanquablement séduit devant l’objet-livre qu’il découvre et l’imaginaire qu’il l’a fait naître.

dépli, de Alfredo Costa MonteiroJ’ai particulièrement apprécié bateau de papier d’Olav H. Hauge qui observe le monde pour le fixer en des poèmes, auréolés de la simplicité, qui parfois transcendent le réel.

Jaune, la nouvelle nappe.
Et blanches, les pages neuves !
Sûr que les mots vont venir :
une si belle nappe,
un si beau papier !
La glace à recouvert le fjord,
les oiseaux viennent s’y poser.

Les poèmes sont accompagnés par les photographies de Sandrine Cnudde, cette « artiste marcheuse » qui s’est immergée dans la nature environnante de la maison du poète. Parmi les poèmes issus de l’observation du monde qui l’entoure, on découvre ce poème métaphorique qui laisse entrevoir la relation qu’entretient le poète avec les mots et la vie :

un mot
- une pierre
dans une rivière froide.
Encore une pierre –
il m’en faudra d’autres
si je veux traverser.

j'ai jardiné les plus beaux volcans, de Michel DunandAffectés durant de nombreuses années par des périodes de crises schizophréniques, Olav Häkonson Hauge passera l’essentiel de sa vie au bord d’un fjord près du village d’Ulvik en Norvège. Ce qui caractérise la poésie de Hauge ce sont peut-être ces glissements imperceptibles de sens ou de référent, qui transportent le lecteur et que l’on éprouve à la lecture des poèmes.

Aujourd’hui je sais
que j’ai fait un bon poème.
Les oiseaux piaillaient au jardin quand je suis sorti,
et le soleil était doux sur les hauteurs de Berga.

Un livre qui nous permet de découvrir l’univers singulier d’Olav H. Hauge. Auteur d’une quinzaine de livres dans son pays, Olav H. Hauge (1908-1994) est considéré comme un important rénovateur de la poésie norvégienne.

ISBN : 978-2-7492- 4134- 0, été 2014, non paginé, Éditions Érès, collection Po&psy, www.poetpsy.wordpress.com, 10 €, en librairie

Par Hervé Martin

Mots-clés : , , ,