Faire feu, de Claire Genoux

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Faire feu de Claire GenouxJe peux l’avouer maintenant que les délibérations du jury que je préside sont éteintes : moi aussi j’aurais aimé que ce terrible recueil Claire Genoux obtienne le prix PoésYvelines, mais il y avait, pour cette année 2012, tellement d’ouvrages de haut vol que ce fut un crève-cœur de n’en retenir qu’un.
Et pourtant je ne connaissais quasiment rien de Claire Genoux, née à Lausanne en 1971, bien qu’elle ait publié plusieurs ouvrages dont «  Saisons du corps » qui obtint le prestigieux Prix Ramuz de poésie. Je sais très bien qu’il faut argumenter (même si l’on est limité par le nombre de signes typographiques) pour « défendre »  un livre, mais là je suis à court de mots et ne trouve que cette médiocre épithète : BOULEVERSANT. Ah, vous me direz : une maternité, fût-elle hors de l’ordinaire (mais nous croyons tous à ça), n’a rien de plus bouleversant qu’une autre : la vie est une maladie mortelle sexuellement transmissible a dit je ne sais plus quel humoriste.
Oui, mais là c’est écrit de l’intérieur. Et puis l’Autre : l’extérieur qui est entré « la lune haute » (p.44). Mais il y a plus encore : « le râle de la nuit « (p.97). Sensualité et spiritualité : Claire Genoux porte un nom et un prénom prédestinés dirait n’importe quel critique de province : je le dis, j’en suis, mais pas d’équivoque : on peut pleurer au boulevard – à condition qu’il ait du talent. Musset en a bien dit à ce propos. Claire Genoux se tient debout devant nous, avec sa parole poétique comme un phare dans sa bouche de Qui-parle.
Mais surtout : elle écrit.

Bernard Campiche éditeur (Orbe, Suisse), 2011, 136 pages, ISBN 978-2-88241-285-0, www.campiche.ch

Par Roland Nadaus

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