Le journal d’un haricot, d’Olivier Hobé

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Commencé le 3 août 2007, ce journal accompagne la maladie de Quentin – dénommé « Q » -, fils de l’auteur, alors âgé de 15 ans. Le haricot mentionné dans le titre désigne une tumeur cancéreuse détectée dans le ventre de l’adolescent. Mais si elles révèlent bien l’inquiétude du père, ces notes ne sont pas exclusivement consacrées à la maladie de son fils. Outre ses visites à l’hôpital, l’auteur évoque d’autres de ses occupations quotidiennes, ses lectures surtout – de nombreux ouvrages sont cités -, ses écoutes musicales, ses rencontres avec des amis poètes – on devine ici Jacques Josse, Alain Jégou -, ses observations et anecdotes livrées au fil de ses déplacements en terre bretonne.

Le journal d’un haricot évite de sombrer dans une dramaturgie qu’aurait pu susciter la gravité du sujet. Olivier Hobé reste peu bavard sur son ressenti, celui de son fils, comme sur leur relation. Sans doute préfère-t-il ne pas alimenter par ses mots une angoisse qui ne ferait qu’aggraver la situation. La vie, oui, continue même dans les épreuves les plus difficiles. D’ailleurs, elle finira par avoir raison du « haricot malin ».

Je respire du Quentin, sa maladie me bouffe, m’envahit, je le sens, je le renifle, il n’a jamais été aussi proche de moi

finit par avouer l’auteur à la dernière page. Le journal d’un haricot s’interrompt le 26 juin 2008, dans un bar de Châteaulin. Olivier Hobé, que les clients regardent écrire, se sent seul comme une loutre.

Par Alain Helissen

éd. Apogée, 62 pages, 12€, en librairie, www.editions-apogee.co

 

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