pas même une brindille, de Christine Bloyet

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pas même une brindille, de Christine BloyetLa poésie permet cela, que des souvenirs obscurs, enfouis en soi, puissent être interrogés dans l’intimité de l’écriture en creusant la profondeur des réminiscences ;

Seul tu
creuses
une tranchée
pour que s’
écoule
le flot de mes larmes à venir

pour être enfin partagée au grand jour du poème et ;

…pour tenter
de saisir un rai
de lumière qui brûlerait
la souffrance

Resteraient-ils obscurs ou évasifs dans les faits qu’ils réactivent à la lumière, les poèmes éveillent l’empathie du lecteur qui ressent comme poignant ce qui est recélé dans le livre,

laisse parler
la grande blessure
cachée

Avec cette césure qui crée un rythme saccadé au vers ou l’emploi d’un tu qui semble double, voir multiple, sur le fond de l’évocation d’une relation difficile au père, pas même une brindille nous laisse une impression de malaise, qui se développe au fil des poèmes.

Tu
hantes le paysage d’une tristesse
sans nom…

Cette impression nous poursuit jusqu’à la fin du livre, où des poèmes éclairent soudain l’aube d’un chemin nouveau :

tu entrevois peut-être
un bref instant la courbe d’or
que ton enfance cherchait

Le livre se termine sur ces vers

au fond du
paysage s’
écoule
la lave
rouge d’un
remords insensé

car sans doute et d’une manière qui peut paraître paradoxale, l’amour d’un enfant reste toujours vif.

Éditions Henry, Collection La main aux poètes, ISBN : 978-2-36469-088-2, octobre 2014, 72 pages, 8 €

Par Hervé Martin

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