Septembre déjà, de Pascal Boulanger

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Septembre déjà, de Pascal BoulangerSeptembre déjà de Pascal Boulanger est la réédition du titre paru au seuil des années quatre-vingt-dix. Il inaugure, avec quelques autres ouvrages, cette nouvelle venue dans l’espace des éditeurs de poésie, Recours au poème éditions. Un Recours au poème dont on connaît la revue numérique qui en peu de temps a conquis la sympathie des lecteurs avec son beau dynamisme éditorial. Initié à la fin de l’été le catalogue approche déjà la quinzaine d’ouvrages dans différentes collections.
Septembre déjà, édité dans la collection Premiers poèmes réapparaît donc aujourd’hui 23 ans après sa parution aux éditions Messidor.

Le livre est composé de quatre ensembles curieusement séparés par des photographies. Des plaquettes microscopiques semble-t-il, où une vie infinitésimale, invisible sous un regard nu, paraît en agitation. Si je traduis l’expression de ces photographies, j’entends que ce livre pourrait être le lieu d’un creusement de soi dans une interrogation ouverte face au monde. Quand le livre paraît en 1991 Pascal Boulanger a alors près de 35 ans et ce livre au titre nostalgique, semble être un premier constat.

Tu détaches une à une les étoiles
tu peux dormir en paix
Tes enfants n’oublieront pas
la musique les dimanches
le silence du hameau
Des clartés temporisent.

La jeunesse s’éloigne comme si une fête s’achevait, pourtant des moments vécus prolongeront malgré tout ses moments lumineux.
On retrouvera dans ce livre les thèmes qui restent chers à Pascal Boulanger, notamment dans le dernier des ensembles où ils réapparaissent. Mais dans le poème le sang du siècle du premier ensemble les mots croix, bénir, pharisien, blasphème ou parousie inscrivent déjà par leur registre lexical le contexte religieux des questions qui interpellent le poète. Et dans l’ensemble A travers les lucarnes qui le suit, ce questionnement profond est clairement mis à jour. La question du religieux et de la croyance se jouent, et un combat intérieur semble se livrer, dans et par le chant du poème.

… tes matins plient
sous d’anciennes blessures…

ou encore

dans l’entrelacs du sommeil et du vertige
tu te cognes aux mêmes hantises

et

Tu sens bien qu’ils s’approchent
sans questionner ton silence…

Le livre établit un état des lieux au mitan de la vie : la genèse et l’enfance, les premiers sentiments et l’affirmation de l’être, le désenchantement du monde et les deuils qui mènent à un questionnent du monde et de soi. Des questions cristallisées dans ces vers

Et sans cesse le vacarme des tyrans
sans cesse un même sang lézardant la parole

avec en perspective la condition des hommes.

Puis, le dernier des ensembles l’Âge d’or, comme l’écho d’une promesse à venir, paraît ouvrir la voie à une adhésion profonde à la religion chrétienne.

Il faut lire ce livre pour découvrir ces premiers poèmes et les entendre au regard de l’œuvre bibliographique disponible à ce jour. Ils permettent de constater la cohérence du cheminement poétique poursuivit par Pascal Boulanger. Un parcours authentique suscité par un véritable et indispensable questionnement de soi et du sens de la vie, qui a conduit le poète sur la voie de la religion chrétienne.

Recours au poème éditeurs, ISBN : 978-2-37226-001-5, octobre 2014 , édition numérique, 65 pages, 6 €, http://www.recoursaupoemeediteurs.com/premiers-poemes/septembre-dj

Par Hervé Martin